La Loire … et les intempéries …

Le plus long fleuve de France (près de 1 020 km) atteint 420 m de large à Chouzy-sur-Cisse, commune qu’il borde au sud est sur 8.830 km ; ce " fleuve sauvage " comme on l’appelle parfois aujourd’hui a causé bien des soucis à ses riverains au cours des siècles, bien aidé en cela par les intempéries et aussi quelquefois par les hommes naviguant sur ses eaux.
…Dès l’an 584 on relève une inondation extraordinaire : beaucoup de villes et de villages sont détruits, un grand nombre d’habitants et d’animaux périssent.
…En 819, on commence à aménager des levées de Loire appelées alors " turcies " ; ces premières digues sont rehaussées et renforcées au 12ème siècle puis sous Louis XI au 15ème siècle et par Catherine de Médicis au 16ème siècle.
…En 838, les Barbares Normands remontent le fleuve sur leurs drakkars : ils ravagent les villes, pillent et brûlent Blois.

…En 1740 la route de Bordeaux par Montrichard est délaissée au profit de celle passant à Chouzy vers Tours, mieux aménagée.
…Le 17ème siècle connaît des froids si sévères que nombre de vignes gèlent. Il a aussi son lot d’inondations et le 18ème siècle ne commence pas mieux : en 1784, la Loire gèle en Février avec des blocs de glace sur 1 200 pieds de large et 20 à 24 pieds de hauteur.
A la débâcle, une brèche de 80 toises se produit sur la levée près de l’Ile Cochard : les pertes sont considérables, notamment les plantations de M. RATTIER à la Varenne. De plus, rendu responsable de la rupture des digues, il doit arracher le reste de ses arbres…
Le 19ème siècle fut sans doute le pire ; si on considère les chiffres qui suivent, on imagine facilement les " misères " provoquées :

- Echelle des crues : -Ordinaires … 3,25 m à 4,55 m au dessus de l’étiage.
-Extraordinaire … 5,25 m au dessus de l’étiage.
-Crue de 1789… 6,98 m au dessus de l’étiage !

En 1825, le niveau atteint 6.20 m au dessus de l’étiage.
En 1835, au printemps, les dommages sont estimés à 4 832 Frs ; un secours d’Etat de 120 frs 70 arrive en Mai 1836.
En 1841, dix bateaux sont détruits…
En 1846, crue à 7.15 m … en octobre !!
En Juin 1856, record absolu avec 7.52 m !!!
En Septembre 1866, 6.50 m.
En Octobre 1872, 5.67 m.
Les pertes classées en 1ère catégorie (extrême détresse) reçurent 18 709.50 francs pour les dommages ; celles de 2ème catégorie (affectées mais apte à se relever) avec aide 19 435.40 frs à se répartir…
Les " passeurs de Loire " devaient souvent s’inquiéter pour traverser bêtes et gens d’une rive à l’autre sur leur bateau " passe-cheval " : il en existait encore un en 1841 ; il ne pouvait pas refuser le passage à une personne, même seule si elle attendait depuis une demi-heure sur le port. Par contre, les pêcheurs de Loire faisaient des affaires : friture, anguilles, carpes, brochets, sandres et surtout aloses et saumons se capturaient en abondance … à tel point que sur certains contrats de saisonniers, des journaliers agricoles faisaient spécifier qu’il n’auraient pas à manger de saumon plus de 3 à 4 fois par semaine !
Dernière anecdote : en 1789, un nouvel embâcle provoque des amoncellements de glace atteignant 30 pieds de haut ; le fleuve est " pris " sur 24 km : il faudra l’usage du canon par 1 200 soldats du Génie pour rétablir le cours des eaux.

La Cisse    

Elle traverse la commune de Chouzy sur 7.850 km avec une dénivellation de 11 mètres …
Cet affluent de 80 km environ prend sa source au sud de Marchenoir en Petite Beauce et se jette dans la Loire en amont de Vouvray … Un de ses bras rejoint le fleuve à Chouzy-sur-Cisse ; les " portes marines " sur la Loire datent de l’époque de l’élévation des " turcies " ou " digues " ou " levées " sur les rives dès 1277, l’ensemble ayant été renforcé, modifié plusieurs fois.
Sur les cartes anciennes (1591 – 1650 – 1700) peu nettes, la Grande Cisse rejoignant directement la Loire à Chouzy et la Petite Cisse allant vers Onzain sont séparées ; cela se voit mieux sur la carte de Cassini (1780).
Le Canal qui traverse le village a été creusé par des protestants Hollandais qui s’installèrent là vers le milieu du 17ème
Le " bras " d’Onzain, fossé naturel élargi sur ordonnance royale en 1754 n’est aménagé tel qu’on le voit aujourd’hui que depuis 1853 … Un grand curage de la Cisse avait été réalisé à partir de 1841 pour un coût global de 60 000 francs.
siècle … pour y exercer des métiers d’artisanat.


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